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Ward & Cartouches في الجبال

Exposition d’art visuel « Ward et Cartouches fel Djebel »

Lieu : Au pied du mont Sammama (Sbeïtla, gouvernorat de Kasserine)

Date : 25 & 26 Novembre 2017 de 10 à 17h

A découvert, au milieu de la nature et hanté par les esprits du passé, Djebel Sammama (Sbeïtla, Kasserine) culmine en protecteur des habitants installés à ses pieds.

Priant pour la paix et attachés à leurs terres, en dépit des fléaux humains et des dangers des terroristes ayant élu demeure dans les entrailles du Djebel; les habitants bâtissent leurs espoirs sur les vestiges de leurs peurs. Leurs ancêtres gisant en terre, après une époque de grande gloire ; ils ont foi en cette terre bénite.

En ce mois de Novembre 2017, le Djebel s’ornera de fleurs à l’odeur sauvage, masquant l’âcreté des cartouches. L’exposition artistique « Ward & Cartouche 2 », installée pendant le mois d’octobre 2016 à l’espace Alain Nadaud à Gammarth, sera téléportée par voie virtuelle dans le décor naturel et magique de Djebel Sammama. Au moyen de casques, manettes, et d’effets sonores, le visiteur est propulsé en pleine exposition, au milieu des œuvres réalisées par le tandem artistique international Wadi Mhiri et Houda Ghorbel et converti en 3D par SAPHIR PROD (Tunisian video games studio) dirigé par Philip Belhassen.

« Ward et cartouches  fel Djebel » s’intègre parfaitement dans le contexte vécu par les autochtones, suite à plusieurs actes terroristes perpétrées ces dernières années. Les installations, bien que différentes, véhiculent deux messages indissociables, d’une part elles dénoncent l’atrocité du terrorisme et son inhumanité à travers des sculptures de visages de femmes défigurés, des têtes dénaturées, des cartouches prêtes à se lancer et des bombes en alerte, etc. ; d’autres part elles apportent des notes d’espoir à travers les fleurs décorant toutes les œuvres.

Ce voyage dans un monde parallèle, similaire au monde réel se poursuit avec deux installations dressées au pied de la montagne pour jouir du grand espace. Livrées à elles mêmes, dans le vide naturel, les « pensées canalisées » de Houda Ghorbel sont disposées en forme de cercle et représentent des têtes humaines « normales », altérées ou animalisées, surmontant des canaux noires sortant de la même source. L’artiste attire l’attention sur la gravité de la pensée unique dont souffre notre société. Pas de place à la tolérance ni l’ouverture. Une volonté politique ancienne et débridée pour abrutir le peuple et en créer une pâte modelable et malléable facile à manipuler.

Un peu plus à droite, quatre globes, conçus par Wadi Mhiri sont éparpillés et infestés par des cartouches et des bombes. Les tensions se multiplient, sur terre, et les guerres éclatent de tout part consumant les humains à travers les ères. Au centre du monde, l’Afrique, le vieux continent qui n’arrive pas à panser ses blessures. Violé chaque jour et pillé par les hommes et l’abandon de ses fils.

L’ambiance subtile que crée la co-existence de la désolation et de l’espoir constitue une alimentation saine pour les petites âmes du village. Ces enfants portant l’avenir se déclareront protecteur de leurs écoles et leurs pieds de montagne en utilisant l’art comme message.

Ainsi, un atelier de confection des « petits soldats » ou « Aseker essghar » est organisé le 18 et 19 novembre à l’école primaire « El Wesaya » de Djebel Sammama.

Cet atelier consiste à convertir les éventails, fabriqués à l’origine pour faire peur aux oiseaux afin de les éloigner des terres agricoles, en petits soldats invincibles. Ces personnages garderont par la suite le chemin de l’école. Leurs tenues à double faces sont constituées de camouflage pour les entrants à l’école et par un tissu fleuri pour les sortants. Le côté défenseur et accueillant subsiste dans chaque petit « askri ». Cette chaleur qui caractérise les gens du sud mêlée à un sentiment nouveau de méfiance et de nécessité de se défendre et de braver les dangers. La psychologie a changé et l’instinct de survie a pris le dessus.

Cette effervescence au Mont Sammama est organisée par Adnen Helali, poète et professeur de français, et un fervent amoureux de sa région. A son actif, et en collaboration avec olfa Rambourg, des dizaines d’évènements, de travaux, de collaborations nationales et internationales dédiés au développement culturel de Djebel Sammama, en particulier aux enfants. Une étoile brillante au dessus du mont qui répand ses lumières.